POURQUOI EMERY PATRICE LUMUMBA ÉTAIT ASSASSINE ? QUI SUIT L'AUTEUR ?
Qui avait donné l’ordre de tuer Lumumba et pourquoi ? Plus de cinquante années après l’assassinat de l’ex-Premier ministre de la République démocratique du Congo, le 17 janvier 1961, la justice (belge) braque les projecteurs sur des présumés exécutants de cette besogne macabre. La lumière sera-t-elle, enfin, faite sur cette affaire à multiples ramifications ?
Ce jeudi 17 janvier 2013, les Congolais commémorent le 52ème anniversaire de la mort de Patrice-Emery Lumumba. Au-delà d’un simple anniversaire, la question de fond demeure : qui a tué Patrice-Emery Lumumba ?
Plus de cinquante ans après, le dossier de l’assassinat du premier Premier ministre du Congo indépendant resurgit. Ce qui convient d’appeler « affaire Lumumba » défraye la chronique judiciaire en Belgique.
En effet, la justice du Royaume de Léopold II veut, après plusieurs tergiversations, rendre la lumière sur la disparition criminelle, tragique et mystérieuse de ce héros national congolais.
Mais, en fait de procès, la grande interrogation demeure : l’assassinat de Lumumba est-ce un crime de guerre ? Il reviendra au juge d’instruction d’en tirer les conclusions utiles, tant la chambre des mises en accusation a déclaré la procédure « régulière ».
LOURDS SOUVENIRS
L’on se souvient. Patrice Lumumba a été assassiné le 17 janvier 1961, dans des conditions obscures. Et, dans cette besogne macabre, de nombreux Congolais, Belges, Américains, Français, Britanniques et autres survivants ayant opéré dans l’ombre pourraient, dans l’hypothèse du caractère imprescriptible de l’assassinat de Lumumba, être interpellés par le parquet fédéral de Belgique. Les uns sont déjà morts, d’autres sont encore en vie. L’on devra donc s’attendre à une longue liste de prévenus et de témoins.
L’on se souvient encore. Une commission parlementaire belge avait été mandatée, en 2001, pour enquêter sur les faits, les contours et les atours ayant entouré la disparition tragique du héros national congolais. D’après cette commission, certains membres du gouvernement et d’autres acteurs belges ont une responsabilité morale dans les circonstances qui ont conduit à la mort de Lumumba.
L’on se souvient, enfin. Avant son assassinat dans les savanes de la province du Katanga, sachant que ses jours étaient désormais comptés, Lumumba, dans une lettre-testament à sa femme Pauline, griffonna comme un murmure ses paroles qui coupent le souffle : « L’histoire dira un jour son mot, et ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera aux Nations unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, du nord au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité ».
Et, c’est avec raison que le philosophe français, Jean-Paul Sartre, écrivait : « Par sa mort, Lumumba a cessé d’être une personne pour devenir l’Afrique tout entière ». Et, avec le rebondissement du procès sur son assassinat, les Africains croisent les doigts. Et espèrent immortaliser ce symbole du refus rigoureux de la solution néocolonialiste.