Alors que le psychodrame à l'UMP dure depuis une semaine, les militants retiennent leur souffle. La journée pourrait être déterminante pour la survie du parti, déchiré entre François Fillon et Jean-François Copé depuis l'élection ratée de leur président et les soupçons respectifs de fraudes.
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Désigné comme médiateur entre les deux frères ennemis, Alain Juppé n'est pas très optimiste. «J'ai très peu de chances de réussir», a-t-il prévenu ce matin lors du Grand rendez-vous Europe 1-«Le Parisien»-«Aujourd'hui en France»-iTélé. C'est sous son égide que doit se tenir ce soir à 19 heures une rencontre entre les deux rivaux, la première depuis le début de la crise.
Nouveau coup de théâtre dans la matinée : le camp Fillon a claqué la porte de la Commission des recours de l'UMP, en fin de matinée. Censée dire le droit en cas de contentieux électoral, cette commission se trouve au centre de la bagarre. Les partisans de l'ancien Premier ministre jugent qu'elle est aux mains de leurs adversaires et ne veulent pas prendre ses décisions pour argent comptant, préférant s'en remettre à Alain Juppé pour arbitrer. Les amis de Jean-François Copé jouent au contraire le légalisme à fond. De leur point de vue, cette commission est la seule valable au vu des statuts du parti et son jugement sera souverain. La réunion qui a débuté vers 9h45 se déroule contre l'avis d'Alain Juppé.
Suivez les événements de la journée en direct sur le Parisien.fr :
15 heures. Marine Le Pen : «Personne ne pleurera l'UMP puisqu'ils ne servent plus à rien».
14h50. Marine Le Pen accuse l'UMP de surfer sur une «niche» mais rappelle que le parti, contrairement au FN, a été au pouvoir. Interrogé sur la différence entre un maire UMP et un maire FN, la présidente rétorque : «Un maire UMP, il vote toutes les subventions des associations communautaires. Un maire UMP ne met pas en place la sécurité. Et un maire UMP, son parti est au pouvoir depuis dix ans!» accuse-t-elle.
14h40. Marine Le Pen : «Oui, il faut refaire les élections. Si l'UMP veut des conseils... Nous, c'était parfaitement irréprochable», ironise-t-elle. La présidente du FN ne boude pas son plaisir et énumère les suspicions de fraudes.
14h35. Marine Le Pen : «Copé n'a pas été loyal». Invité de Canal +, la présidente du Front national évoque l'utilisation des fichiers du parti par Jean-François Copé qui aurait profité de sa place pour s'avantager dans la campagne: «Copé a pris le mauvais rôle en restant secrétaire de l'UMP», assure-t-elle.
13h30. Bertrand veut croire en la médiation Juppé. «Je souhaite le succès de la mission d'Alain Juppé [...] Il faut que l'on puisse sortir de cette crise dans laquelle on s'enfonce, je pense que depuis 10 ans jamais l'UMP n'a été autant en danger qu'aujourd'hui», poursuit l'ancien secrétaire général du parti. «Alain Juppé a l'autorité morale, il peut réussir [...] d'autant que sa mission est désintéressée [...] il le fait dans l'intérêt du mouvement», assure l'ancien ministre.
13h20. Xavier Bertrand : «Je ne suis pas pro-Fillon, pas pro-Copé, je suis pro-UMP». L'ancien secrétaire général de l'UMP, invité de France 2 regrette «le manque de confiance qu'il y a par rapport aux politiques» aujourd'hui et «souhaite que ça s'arrête le plus vite possible». D'autant que «les militants et les parlementaires que j'ai eus au téléphone m'ont dit que le spectacle, l'image que l'on a donnés cette semaine sont honteux, pas dignes d'un grand parti politique», confie-t-il. «S'il y a 30 personnes à Paris qui ne s'entendent plus, ce n'est pas le problème des 300 000 adhérents» s'inquiète Xavier Bertrand.